Sardaigne

Evasion

Encore quelques triangles, pour le vis à vis de cette page, qui m’a été inspirée par celle-ci repérée sur Pinterest.
Et encore une photo prise sur la Costa Paradiso 😎

« La joie de regarder et de comprendre est le plus beau cadeau de la nature. »
Albert Einstein

De tout et de rien

Street art à la mode Urbex

 Vous connaissez déjà  le street art que vous avez vu à plusieurs reprises sur ce blog. Mais alors, lorsque les tags qui le composent ne sont pas dans la rue, comment l’appelle t-on ? En fait il n’y a pas de nom. Nous allons donc le mixer avec un phénomène à la mode qui s’appelle l’Urbex.  Ce terme vient de l’anglais « urban exploration » qui désigne la visite de lieux construits et abandonnés par l’homme.

Ces visites sont bien sûr, prétexte à des séances de photos artistiques pour générer des clichés dans un esprit assez contradictoire. En effet, le photographe va mettre en avant le côté bâtiment abandonné tout en soulignant des traits esthétiques perçus par son oeil.

Le mélange des genres véhicule en général une atmosphère assez particulière. Aujourd’hui, nous vous emmenons découvrir ce nouveau concept. Nous allons l’appeler tout simplement : Urbex Art.    

Notre première séance se déroulera dans des bâtiments d’habitations abandonnés mais jamais occupés (tout simplement parce qu’ils n’ont pas été achevés). Nous avions déjà visité un de ces bâtiments qui ne contenait que quelques tags tout à fait quelconques. Courant décembre, alors que nous nous baladions dans ce secteur que nous aimons beaucoup, nous sommes entrés tout à fait par hasard dans le bâtiment principal, qui présentait des tags un peu plus élaborés sur ses façades. D’ailleurs, celui-ci est tout à fait d’actualité !

Ce jour-là, partis pour une simple promenade, nous n’avions pas d’appareil photo, juste un téléphone qui ne s’est pas trop mal défendu compte tenu de l’absence de lumière et des différences importantes d’éclairage. Nous avons donc une bonne marge de progrès si tant est que nous trouvions d’autres lieux de ce genre. De plus, le vent soufflait fort et le bâtiment n’ayant pas de fenêtres, les courants d’air étaient glacés.

Nous sommes à l’opposé des conditions atmosphériques que nous rencontrons lors de nos voyages (il faut bien trouver des solutions de remplacement pour que  les couleurs survivent au virus !). Nous avons bien fait d’entrer puisque plusieurs fresques nous attendaient. Il est évident que les barbouilleurs qui ont sévi au début sur ces murs ont fait place à des artistes qui se sont fait plaisir.

Pour mettre en avant le lieu où se trouvent ces œuvres, il va falloir dézoomer par rapport à nos clichés habituels. Ce n’est pas gagné car les tags nous font de l’œil, contrairement au béton brut qui règne ici en maitre.

Chassez le naturel, il revient au galop !

Je vous avez dit qu’ils nous faisaient de l’œil !

Au fil des étages, nous découvrons plusieurs personnalités qui manient les couleurs avec une belle réussite esthétique.

Nous avons même droit à une interprétation de jeu vidéo pixellisé juste comme il faut.

Plus nous montons, plus nous nous trouvons les pieds dans l’eau qui dégouline du dernier étage, sans toiture. Et qui dit flaques d’eau dit reflets…

Vous pouvez lire  sur les clichés ci-dessous le nom de l’endroit où nous sommes. Il s’agit d’une station de ski qui n’est plus en activité car elle a été construite à trop basse altitude et la neige a vite fait défaut.

Parfois, les dessins laissent une place au béton, ce qui nous éloigne de l’explosion de couleurs mais nous rapproche de l’urbex.

Il nous faudra faire attention où nous mettons les pieds car  les dalles cachent de nombreux trous pour laisser passer les gaines électriques. De plus, nous sommes attendus par un personnage de tag qui nous menace de son revolver. Heureusement imaginaire, il ne tire que des balles à blanc !

Ce sera au dernier étage que nous réussirons le mieux notre recette d’Urbex Art, en mixant tags colorés et charpente abandonnée, le tout nappé d’une sauce à la neige fondante et saupoudré d’un glaçage montagneux.

Cela ne se voit pas sur la photo ci-dessous mais j’avais les mains gelées car c’est moi qui ai réalisé la quasi totalité des photos et vidéos de ce reportage avec mon téléphone, M. Cath s’occupant de ma sécurité. Et oui l’Ubex est dangereux ! En plus de choisir les angles de prises de vue, il faut en permanence faire attention où on pose les pieds !  

Vous vous rendrez mieux compte de l’atmosphère intimidante qui règne dans un lieu abandonné où la nature reprend ses droits sur le montage vidéo ci-dessous.

J’espère que le concept vous aura plu. 

La citation finale, tout à fait d’actualité, provient du bâtiment.

Pour celles et ceux qui voudraient en savoir un peu plus sur ce lieu abandonné, je vous invite à lire cet article, avec en prime un très court reportage diffusé au JT de 13 h l’année dernière (et qui vous permettra de voir les bâtiments dans leur ensemble et dans leur environnement).

Les jolis écrits de ma Maman

Midinette ou romantique ?

Je laisse la place à ma Maman pour une nouveau texte où l’on retrouve Rose et ses souvenirs…

La dernière fois, je vous ai raconté l’enfance difficile du Pépé. Ce matin, je vais tenter d’évoquer la jeunesse de votre « Mémé » que vous avez peu connue puisqu’elle est morte trop jeune à seulement soixante-deux ans. Elle n’a pas eu, comme le Pépé, la chance de connaître tous ses arrière-petits-enfants ; ses deux petit-enfants n’avaient que onze et treize ans lorsqu’elle nous a quittés.

J’ai choisi cette première photo parce que je trouve qu’elle fait un pendant amusant à la photo de Marius.

Quel âge a-t-elle ? Ce n’est pas précisé au dos du cliché mais on peut penser qu’elle a environ trois ans. La photo a donc vraisemblablement été prise en 1917, soit à peu de chose près à la même période que celle de Marius. La voici perchée sur un fauteuil ce qui n’est certainement pas habituel pour elle ; comme Marius avec son cerceau, elle a l’air de se demander ce qu’elle fait là ! Elle est endimanchée mais les bas noirs paraissent bien tristes sur ses jambes potelées et, en regardant attentivement, on peut voir, au-dessus de ses genoux, le bas de la culotte longue et bouffante que les fillettes (et les femmes aussi) portaient à cette époque. Je suis très émue par les petits souliers noirs bien cirés qu’elle a aux pieds parce que ces souliers ont traversé le siècle et ils sont toujours chez moi où vous les avez sans doute vus à côté d’une paire de petits sabots qui m’ont appartenu. C’est très touchant de penser que des mamans aimantes ont mis de côté ces chaussures, qui étaient sans doute les premières chaussures de leur enfant, et les ont précieusement gardées pendant des années comme des reliques, avec tendresse, comme on conserve une mèche de cheveux ou les minuscules dents de lait dans un médaillon.

L’enfance de Paulette a été plus douce que celle de Marius. Malgré la présence d’un père perturbé par les séquelles de la guerre, elle a été protégée par une mère très aimante et des grands-parents maternels qu’elle adorait. Malheureusement, à l’âge de seize ans, elle a été atteinte par la maladie qui faisait des ravages en ces temps-là : la tuberculose. Les grands remèdes : l’air pur et le soleil. Ses parents louèrent pour plusieurs mois une petite maison dans un village de Chartreuse où sa grand-mère l’accompagna. En sécurité, choyée, elle y passa des jours heureux.  Au cours de ces longs mois de convalescence, éloignée de sa famille, de l’école, de ses amis, elle entreprit l’écriture de son journal intime. J’ai la chance d’avoir retrouvé quelques-uns de ces petits carnets qu’elle a ensuite tenus à jour pendant plusieurs années. Tous sont soigneusement couverts avec ce papier bleu que nous utilisions autrefois le premier jour de l’école pour couvrir livres et cahiers. C’est avec un mélange de crainte et d’excitation que j’ai ouvert ces calepins pour la première fois. Les pages sont remplies d’une écriture à la plume, serrée, brouillonne, difficile à déchiffrer, une écriture à mille lieues de celle de l’institutrice qu’était ma mère. Les années défilent : 1930, 1931,1932… Parfois, des pages découpées dont je ne peux extraire qu’un ou deux mots, juste au bord de la reliure : « amis, heureux, tante… », rien de bien intéressant. Mais en me plongeant dans la lecture des pages intactes j’ai découvert avec surprise et attendrissement les émois, les pensées, les peines d’une jeune fille, qui allait devenir ma mère, et que je ne connaissais pas.

Voici Paulette à seize ans à la campagne. Comme elle a l’air sérieuse ! Très jolie robe à la mode des années 30 dont j’aurais tant aimé connaître les couleurs ! Blanc et bleu, peut-être ? Des chaussures élégantes à petit talon qui paraissent presque déplacées dans ce décor rustique de hangar de ferme. Les lunettes rondes lui confèrent un air sérieux d’étudiante. Comment imaginer en regardant la photo qu’elle était tombée follement amoureuse, que cet amour occupait tout son esprit et que l’inconstance du jeune homme la rendait terriblement malheureuse comme on peut l’être à seize ans pour un chagrin d’amour ? Très émue, je lis à la date du 14 septembre 1930 : « je revois André toujours élégant avec un complet beige, un pull beige et marron et le petit béret… Quel bonheur d’entendre sa voix que j’aime, de revoir ses yeux bruns, son grain de beauté, la médaille de sa boutonnière et la pochette brodée… Comme avant. Quand le reverrai-je ? ». Quelques jours plus tard : « la vie est calme, douce, ici. Mais aujourd’hui, je l’ai revu et mon cœur bat plus vite. Il s’est approché de moi, a pris la main que je lui tendais et a essayé de m’embrasser. Je n’ai pas accepté son baiser mais nous avons parlé longtemps ». Le dimanche suivant, elle écrivait : « je l’ai revu à la messe de 9 heures, je l’ai revu, oui, mais j’en ai souffert. Il était avec G., avec cette poupée fardée, habillée en vert. Reviendra-t-il maintenant ? ». Le jeune André était un séducteur ! « Il est revenu. Nous avons causé dans le pré… Nous avons parlé de G. avec qui il est fiancé, mais pas fiancé très sérieusement car il a aussi une copine à Valence. Nous devons nous revoir demain et je suis bien heureuse. » En effet, le lendemain, il l’attendait. « Il posait sa tête sur mon épaule. Je sentais sa main écarter mes cheveux, m’attirer à lui ; je sentais ses lèvres se poser sur mon cou, ma nuque, ma joue, mes lèvres. Je n’avais pas la force de me défendre car j’étais trop heureuse. » Rien d’extraordinaire dans tout ça, penserez-vous en me lisant. C’est vrai, les sentiments traversent le temps : l’amour, la souffrance, la jalousie, la haine… Les écrits de toutes les époques en sont remplis. Mais lire ces confidences sur les petits carnets bleus provoqua en moi une grande émotion. J’étais au bord des larmes d’imaginer que dans les années 30, ma mère avait vécu les mêmes expériences, avait ressenti les mêmes excitations, les mêmes incertitudes, les mêmes peines que moi dans les années 50, puis que ma fille dans les années 80 et ma petite-fille dans les années 2000. Quatre générations si différentes et si semblables.

Je vous l’ai dit : ma relation avec ma mère était fusionnelle ; au cours de mon adolescence, elle avait abordé quelques fois ses amours de jeunesse, sur un ton léger, comme si ce n’était pas important. Je connaissais donc l’existence d’André, et elle m’avait dit ce qu’il était devenu dans la vie ; de loin, elle avait suivi son parcours ce qui prouve qu’il avait encore de l’importance à ses yeux. Il avait choisi l’armée et, sorti du rang, il terminait sa carrière à Valence, dans les années 60, au grade de commandant. Il arrive que la vie vous joue des tours, et quelquefois ce sont de belles surprises chargées de nostalgie mais aussi de tendresse. En 1961 votre père et grand-père (votre Papé, donc) effectuait son service militaire dans une arme qu’on appelle « le train ». Les missions essentielles de cette arme sont d’organiser et de coordonner la logistique et le transport. Votre grand-père fut affecté à Valence et détaché comme chauffeur personnel du Commandant André C. qui avait presque totalement perdu la vue au cours d’une intervention en Indochine. Papé et moi étions déjà mariés et, bien sûr, dès qu’il évoqua le nom de son supérieur, je lui racontai ce que je savais de l’amour de jeunesse de ma mère. Les relations du Commandant avec son chauffeur étaient amicales et Papé parla de Paulette. André fut saisi par cette nouvelle et n’eut de cesse de demander une rencontre avec Paulette.  Ce n’était pas aisé à organiser ! Il était hors de question que le mari de Paulette soit présent ! De toute façon, il n’aurait jamais autorisé une chose pareille. Ma mère en tremblait par avance tout en espérant de tout cœur revoir André. Enfin, la rencontre eut lieu un après-midi. Je n’ai jamais oublié l’excitation de ma mère qui mourait de peur qu’André la trouve trop changée mais qui mourait aussi du plaisir de le revoir. En riant, je lui disais qu’elle n’avait rien à craindre puisqu’il était presque aveugle ! « Il ne te verra même pas ! Il entendra ta voix et ça lui rappellera tous les bons souvenirs ! ». Je n’ai pas assisté à la rencontre. Je ne sais pas ce qu’ils se sont dit mais je sais que ce fut une après-midi qui apporta du bonheur à Paulette.

Scrap'idées

Deux paniers garnis

Dans le même esprit (et avec les mêmes papiers !) que le plateau garni offert à Noël, j’ai réalisé deux paniers quasi identiques pour deux gourmands de mon entourage.

Le contenu du premier….

On retrouve la boite à lait grand format….

Et voilà le second, frère quasi jumeau !


Rien à voir avec ce qui précède mais j’ai (enfin !) fait le point sur les kits de mon dernier album dont il me reste quatre exemplaires. Pour les personnes intéressées, toutes les infos sont ici
Les kits restants ont trouvé preneur !


“Il m’a fallu toute une vie pour comprendre que le bonheur se trouve dans les petites choses et non dans les paroxysmes de l’extase.”
Jean Chalon